Les signes de ponctuation japonais, appelés 約物 (yakumono, « signes typographiques »), comprennent notamment le point, la virgule, le point d’interrogation et le point d’exclamation. On les remarque à peine, mais ces petits signes rendent une phrase lisible et facile à comprendre.
Nous utilisons la ponctuation en permanence en français : vous en voyez en ce moment même, en lisant cet article. En japonais, elle sert presque de la même façon, mais les signes n’ont pas la même forme. Voyons comment fonctionne la ponctuation japonaise et comment l’utiliser dans vos textes.
Qu’est-ce que la ponctuation japonaise et d’où vient-elle ?

Cela peut surprendre, mais le japonais n’a pas toujours utilisé de ponctuation. Les signes se sont répandus à l’ère Meiji (1868-1912), une période de modernisation du Japon et d’ouverture à certaines influences occidentales, qui a aussi transformé la langue.
Résultat : la ponctuation japonaise s’utilise à peu près comme en français. Les différences sont surtout visuelles, même si le japonais a aussi des signes qui lui sont propres. Le point, par exemple, est un petit cercle (。) et non un point plein. Autre détail : quand vous tapez sur ordinateur, la ponctuation japonaise s’écrit en caractères 全角 (zenkaku, « pleine largeur »), c’est-à-dire qu’ils occupent la même largeur que les kanji et les kana.
Si vous avez déjà écrit une 作文 (sakubun, « rédaction ») à la manière traditionnelle, vous l’avez écrite à la verticale et non à l’horizontale. Les signes de ponctuation s’utilisent aussi dans l’écriture verticale, mais le point et la virgule se placent en haut à droite de la case, et non en bas à gauche comme à l’horizontale.
Les 10 signes de ponctuation japonais à connaître
1. Le point japonais (。)
Le point japonais ne ressemble pas au point français : c’est un petit cercle placé à la fin de la phrase. On l’appelle 丸 (maru, « cercle ») ou 句点 (kuten, « point final »). Il joue le même rôle qu’en français : marquer la fin d’une phrase.
Exemple :
犬が好きです。
Inu ga suki desu.
J’aime les chiens.
Le point est parfois omis, par exemple dans une citation ou quand une phrase est isolée. Dans les contextes informels, comme les réseaux sociaux ou les SMS, on le supprime très souvent.
2. La virgule japonaise (、)
La virgule japonaise s’appelle 読点 (touten, « point de lecture ») ou 点 (ten, « point »). Elle ressemble beaucoup à la virgule française et se place après le dernier mot d’une proposition. Elle sert aussi à séparer deux propositions, mais son emploi est plus libre : on la met dès qu’on veut marquer une pause ou une coupure dans la phrase.
Exemple :
パーティーに行きたいけど、明日は6時に起きなきゃいけないんだよ。
Paatii ni ikitai kedo, ashita wa rokuji ni okinakya ikenai n da yo.
J’aimerais aller à la fête, mais je dois me lever à 6 h demain.
3. Les guillemets japonais (「」)
Les crochets d’angle, appelés 鉤括弧 (kagi kakko, « parenthèses en forme de crochet »), équivalent aux guillemets français (« »), malgré leur aspect différent. Le crochet ouvrant se place en haut et le crochet fermant en bas. On les utilise pour les dialogues et les paroles rapportées.
Exemple :
名探偵コナンで一番人気のあるセリフは「真実はいつもひとつ!」です。
Meitantei Conan de ichiban ninki no aru serifu wa “Shinjitsu wa itsumo hitotsu!” desu.
La réplique la plus populaire de Détective Conan est « Il n’y a qu’une seule vérité ! »
4. Les doubles guillemets (『』)
Les doubles crochets d’angle, appelés 二重鉤括弧 (nijuu kagi kakko, « double crochet d’angle »), servent à citer une citation. Ils sont peu fréquents, mais pratiques quand on rapporte les propos de quelqu’un qui en rapporte lui-même d’autres. Imaginons que vous racontiez l’histoire d’un ami :
「富士山の前でプロポーズしたら、彼女は『はい!』と答えて、すぐに指輪を受け取ったんだって。」
Il a fait sa demande devant le mont Fuji, et elle a dit « oui ! » juste avant de prendre la bague.
Ils fonctionnent comme les guillemets simples ou les guillemets imbriqués en français.
5. Le tiret ondulé (〜)
Le tiret ondulé se dit 波線 (namisen, « ligne ondulée ») ou 波ダッシュ (nami dasshu, « tiret ondulé »). C’est l’un des signes les plus courants en japonais, et il a de nombreux usages, un peu comme le tiret long en français. Certains emplois sont toutefois propres au japonais. Voici les principaux.
Indiquer une plage :
Il équivaut à 〜から〜まで (~kara~made, « de … à … ») pour exprimer une plage d’heures ou de lieux.
8時〜10時
Hachiji ~ juuji
De 8 h à 10 h
Indiquer l’origine :
Il joue le rôle du point de grammaire 〜から (~kara, « depuis, de »).
メキシコ〜
Mekishiko ~
Du Mexique
Indiquer un sous-titre :
Un mot placé entre deux tirets ondulés indique généralement un sous-titre.
〜おはよう〜
~Ohayou~
« Ohayou »
Allonger une voyelle :
En japonais, on utilise souvent le tiret ondulé pour étirer un mot et l’accentuer. C’est très courant sur les réseaux sociaux et dans les SMS entre amis.
大変な〜
Taihen naa
C’est trop difficile, hein ?
6. Les parenthèses japonaises (())
Les parenthèses japonaises, appelées 丸括弧 (maru kakko, « parenthèses rondes ») ou simplement 括弧 (kakko, « parenthèses »), s’utilisent comme en français : elles ajoutent une information, une explication ou une précision. Sur ordinateur, pensez à utiliser les versions pleine largeur, pour qu’elles occupent la même place que les autres caractères japonais.
Exemple :
来月、日本語能力試験(JLPT)を受けます。
Raigetsu, Nihongo nouryoku shiken (JLPT) o ukemasu.
Le mois prochain, je passe le Test d’aptitude en langue japonaise (JLPT).
Il existe aussi les crochets carrés, appelés 角括弧 (kaku kakko, « parenthèses carrées »), qui ressemblent à [ ]. Ils s’emploient à peu près comme les parenthèses rondes.
Vous croiserez aussi les crochets 【】, appelés 隅付き括弧 (sumitsuki kakko, « parenthèses aux coins arrondis »). Ils mettent en valeur un titre, un intertitre ou un mot-clé, et sont très courants dans les titres de presse, les publicités et les publications en ligne.
7. Les points de suspension (…)
Les points de suspension, appelés 三点リーダー (santen riidaa, « trois points de conduite »), expriment l’hésitation, le silence ou une phrase qui s’interrompt, comme en français. En japonais, on les écrit en général par deux (……) pour une pause plus longue : la version double est donc plus fréquente que la version simple. On les voit surtout dans les mangas, les romans et les messages informels entre amis.
Exemple :
えっと……どうしようかな。
Etto…… doushiyou ka na.
Euh…… qu’est-ce que je vais faire ?
8. Le point médian (・)
Le point médian (・) s’appelle 中黒 (nakaguro, « point noir du milieu ») ou 中点 (nakaten, « point du milieu »). Il sépare les éléments d’une liste, comme une virgule ou une barre oblique (/) en français. Comme un kanji peut changer de sens selon celui qui l’accompagne, le point médian aide à éviter les confusions. Il sert aussi à séparer prénom et nom écrits en katakana. Contrairement aux autres signes, il ne se prononce pas et ne change pas la lecture de la phrase.
Exemple :
春・夏・秋・冬
Haru, natsu, aki, fuyu
Printemps, été, automne, hiver
9. Le point d’interrogation (?)
Le point d’interrogation, appelé 疑問符 (gimonfu, « signe d’interrogation »), a la même forme qu’en français. On l’emploie toutefois beaucoup moins en japonais, car les questions se marquent généralement par la particule か (ka) en fin de phrase, ce qui rend le point d’interrogation facultatif. On le trouve surtout dans les contextes informels, comme les SMS, les réseaux sociaux et les mangas, en particulier quand une question n’a pas de か et repose sur une intonation montante. Dans les textes formels, comme les rapports et les e-mails professionnels, il vaut mieux l’éviter.
Exemple :
明日、来る?
Ashita, kuru?
Tu viens demain ?
10. Le point d’exclamation (!)
Le point d’exclamation, appelé 感嘆符 (kantanfu, « signe d’exclamation ») ou ビックリマーク (bikkuri maaku, « marque de surprise ») à l’oral, exprime la surprise, l’enthousiasme ou l’emphase, comme en français. Il est très courant dans les textes informels, les mangas et la publicité, où il donne de l’énergie et de l’émotion. Comme le point d’interrogation, on l’évite en général dans les textes formels. On le voit aussi souvent associé au point d’interrogation (!?) pour exprimer l’incrédulité.
Exemple :
合格した!
Goukaku shita!
J’ai réussi !
Exemple 2 :
え!? 本当に!?
E!? Hontou ni!?
Quoi !? Vraiment !?
Conclusion : la ponctuation japonaise ressemble beaucoup à la nôtre
Utiliser la ponctuation en japonais n’est pas très différent de ce que l’on fait en français. Quelques signes sont toutefois propres au japonais, comme les crochets d’angle (「」) ou le tiret ondulé (〜). Même si les types de parenthèses sont nombreux, la ponctuation japonaise reste globalement simple, et on la maîtrise vite en lisant et en écrivant en japonais.
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FAQ
À quoi ressemble le point en japonais ?
C’est un petit cercle (。), appelé 句点 (kuten, « point final ») ou 丸 (maru, « cercle »). Il fonctionne comme le point français : il marque la fin d’une phrase.
Quels guillemets utilise-t-on en japonais ?
Le japonais emploie des crochets d’angle (「」), appelés 鉤括弧 (kagi kakko), à la place des guillemets français (« »). Pour une citation à l’intérieur d’une citation, on utilise les doubles crochets d’angle (『』).
Utilise-t-on le point d’interrogation et le point d’exclamation en japonais ?
Oui, surtout à l’écrit informel : SMS, réseaux sociaux, mangas. On les évite en général dans les textes formels, comme les rapports et les e-mails professionnels. Comme les questions se marquent souvent par か en fin de phrase, le point d’interrogation n’est pas indispensable.
Quels sont les principaux signes de ponctuation japonais ?
Le japonais combine des signes proches du français et des signes qui lui sont propres. Les plus courants sont le point (。), la virgule (、), les crochets d’angle (「」), les doubles crochets d’angle (『』), le tiret ondulé (〜), les parenthèses (()), les points de suspension (…), le point médian (・), le point d’interrogation (?) et le point d’exclamation (!).
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