Saviez-vous que watashi, boku et ore ne sont pas les seules façons de dire « je » en japonais ? En français, nous utilisons simplement « je » pour parler de nous-mêmes. En japonais, en revanche, les pronoms personnels à la première personne sont nombreux et varient selon le contexte.
Alors, comment choisir le bon « je » en japonais ? Si vous regardez des anime, des films ou les actualités japonaises, vous remarquerez que watashi (わたし) est la forme la plus neutre et la plus courante. Boku (僕) et ore (俺) sont également très utilisés, mais leur nuance dépend du niveau de politesse, du genre, de la relation entre les interlocuteurs et même de l’image que l’on souhaite projeter.
Rassurez-vous : il n’est pas nécessaire de tout maîtriser d’un coup. De nombreux Japonais adaptent eux-mêmes leur pronom selon la situation. Dans cet article, vous apprendrez les différences entre watashi, boku, ore et d’autres formes, afin de savoir quel pronom utiliser pour parler japonais de manière naturelle et appropriée.
À propos de Watashi, Boku, Ore… et des nombreux autres pronoms « je » en japonais
Si l’anglais est votre langue maternelle, voici une information intéressante : de nombreuses langues possèdent plusieurs pronoms à la première personne, comme le vietnamien, l’indonésien ou le coréen. Mais parmi toutes ces langues, le japonais est probablement celle qui offre le plus de façons différentes de dire « je ».
La manière et le moment où vous vous désignez dépendent :
- de la personne à qui vous parlez
- de la situation
- du contexte
Autrement dit, cela dépend de l’image que vous souhaitez projeter.
Par exemple, utiliser watashi (わたし) est considéré comme formel, voire poli. En revanche, si vous utilisez ore (俺) devant votre supérieur, cela pourrait être très mal perçu au Japon — au point de vous attirer de sérieux ennuis professionnels.
C’est pourquoi vous remarquerez que les Japonais passent souvent d’un pronom à un autre selon qu’ils sont avec des amis proches, leur famille ou leurs collègues. Beaucoup ont un pronom favori, mais ils l’adaptent selon le contexte.
Les différences de genre jouent également un rôle important dans le japonais parlé. Les hommes et les femmes ont tendance à privilégier certains pronoms. Le statut social influence aussi la manière dont on parle de soi et des autres.
Par exemple :
72 % des hommes japonais utilisent ore (俺) avec leurs amis.
Face à un inconnu, plus de 60 % utilisent boku (僕).
Environ 75 % des femmes japonaises utilisent watashi lorsqu’elles s’adressent à quelqu’un qu’elles ne connaissent pas.
Bien sûr, watashi, boku et ore ne sont pas les seuls pronoms à la première personne en japonais. Ils ne couvrent pas toutes les variantes régionales et phonétiques. Avez-vous déjà entendu ora (おら) ? Il s’agit d’un pronom informel issu du dialecte du Kantō, proche de oira (おいら). Son utilisation donne une impression rustique, évoquant quelqu’un venant d’une région très rurale.
Nous verrons d’autres façons de dire « je » en japonais au fil de l’article.
Faut-il utiliser un pronom « je » en japonais ?
Contrairement à la plupart des langues, la grammaire japonaise n’exige pas l’utilisation d’un pronom à la première personne. Vous pouvez donc omettre watashi, boku ou ore.
En effet, une phrase japonaise n’a pas toujours besoin d’un sujet explicite.
Prenons un exemple :
銀行へ行ってきます。
Ginkou e ittekimasu.
Je vais à la banque (et je reviens).
Dans cette phrase japonaise, le watashi (わたし) est absent. Une version plus « scolaire » serait :
わたしは銀行へ行ってきます (watashi wa ginkou e itte kimasu).
Littéralement, la phrase signifie simplement « Aller à la banque ». Le contexte permet de comprendre que la personne parle d’elle-même. Il est donc inutile d’ajouter « je ».
Si le sens reste clair, vous pouvez supprimer les pronoms signifiant « je » ou « tu » en japonais. Cependant, dans certaines situations, l’ambiguïté oblige à les préciser.
Exemple :
A : 誰が銀行にいますか?
Dare ga ginkou ni imasu ka ?
Qui est à la banque ?
B : 銀行へ行っていますが、家にいます。
Ginkou e itteimasu ga, ie ni imasu.
(En allant à la banque, à la maison.)
Ici, on ne sait pas clairement qui va à la banque et qui reste à la maison. Il faut donc préciser :
私銀行へ行っていますが、お兄さんは家にいます。
Watashi wa ginkou e itteimasu ga, onii-san wa ie ni imasu.
Je vais à la banque, mais mon frère est à la maison.
Les verbes qui rendent les pronoms inutiles
Certains verbes japonais indiquent déjà la relation entre le sujet et l’objet.
En français, nous utilisons « donner » ou « recevoir » sans changer le verbe selon la direction de l’action. En japonais, il existe plusieurs verbes :
- あげる (ageru) : donner à quelqu’un
- くれる (kureru) : donner à moi / me donner
- もらう (morau) : recevoir
Par exemple, kureru implique qu’une personne me donne quelque chose.
Ageru implique que je donne quelque chose à quelqu’un.
Ces nuances rendent souvent les pronoms inutiles, car la relation est déjà claire.
Les pronoms japonais sont-ils liés au genre ?
Oui, les pronoms japonais à la première personne sont historiquement associés à des genres, même s’il n’existe pas de règle officielle interdisant leur usage.
Par exemple :
- Ore (俺) était utilisé par les samouraïs et véhiculait une image d’assurance et d’affirmation.
- Boku (僕) était un terme plus modeste, souvent employé par de jeunes hommes.
- Watashi (私) était privilégié par les femmes dans les contextes formels pour exprimer politesse et retenue.
- Atashi (あたし) est une variante plus informelle et plus douce de watashi.
Ces associations existent toujours aujourd’hui, car les pronoms servent de marqueurs sociaux : ils indiquent non seulement le genre, mais aussi le niveau de formalité, la personnalité et la position sociale.
Par exemple :
- Une femme utilisant boku peut être perçue comme garçon manqué ou non conventionnelle.
- Un homme utilisant watashi en contexte professionnel montre politesse et humilité.
- Dans le japonais moderne, ces distinctions deviennent progressivement plus flexibles, notamment chez les jeunes générations et dans les médias. Néanmoins, le choix du pronom reste porteur de nuances sociales et culturelles importantes.
Les différentes façons de dire « je » en japonais
Sans plus attendre, découvrons les manières les plus courantes de dire « je » ou « moi » en japonais. Cette liste est volontairement complète : certains pronoms sont rares, anciens ou très formels, mais nous les incluons pour vous donner une vision globale des pronoms japonais à la première personne.
1. Watashi : 私(わたし)
C’est le choix le plus sûr, surtout si vous débutez en japonais.
En contexte formel, watashi est neutre et ne porte pas de nuance de genre. En revanche, dans un cadre informel, わたし peut avoir une connotation légèrement féminine et est alors davantage utilisé par les femmes. Un homme qui l’utilise entre amis peut sembler un peu rigide.
C’est le pronom le plus polyvalent : il convient aux situations professionnelles, publiques ou lorsque vous ne connaissez pas bien votre interlocuteur.
Cependant, comme les Japonais évitent souvent de se mentionner explicitement, ils omettent fréquemment le pronom :
私は和菓子が好き → 和菓子が好き。
Watashi wa wagashi ga suki → Wagashi ga suki.
J’aime les pâtisseries japonaises.
Si le contexte est clair, inutile d’ajouter « je ».
2. Watakushi : わたくし
Watakushi est une version encore plus formelle de watashi. Très polie et sophistiquée, elle est aujourd’hui considérée comme vieillie.
On l’entend surtout dans :
- des discours officiels
- des excuses publiques
- des contextes politiques
Dans la vie quotidienne, elle sonnera trop rigide.
3. Atashi : あたし
Atashi est une forme féminine et plus mignonne dérivée de わたし. Utilisée à l’oral, elle est fréquente chez les jeunes filles et les enfants.
Elle donne une impression douce et familière.
Il existe aussi あたくし, dérivé de わたくし, mais beaucoup plus rare.
4. Boku : ぼく(僕)
Boku (ぼく) est un pronom principalement utilisé par les hommes. Il trouve son origine dans des mots comme geboku (serviteur) ou kouboku (serviteur public). Sa popularité a grandi parmi les jeunes générations, qui l’emploient pour parler d’eux-mêmes de manière humble.
Techniquement, ぼく sert à s’adresser à quelqu’un d’égal ou de inférieur à soi, mais on peut le considérer comme une alternative douce et semi-formelle à d’autres pronoms. C’est pour cette raison que c’est l’un des premiers pronoms de première personne que les garçons japonais apprennent et utilisent couramment.
僕もわかんない。
Boku mo wakannai.
Moi non plus, je ne sais pas.
Boku est perçu comme humble, mais peut donner une impression juvénile chez les hommes plus âgés. Beaucoup de garçons passent de boku à ore en grandissant.
Il est aussi parfois utilisé par des femmes pour donner une image plus neutre ou non conventionnelle.
Boku comme pronom pour parler à un garçon
On peut également utiliser boku pour s’adresser à un petit garçon :
僕は何歳ですか?
Boku wa nansai desu ka ?
Tu as quel âge ?
Les parents disent parfois « boku-chan » pour encourager leur fils à utiliser ce pronom au lieu de son prénom.
5. Ore : おれ(俺)
En tant que pronom de première personne à l’image très rude, おれ (俺 / ore) s’utilise uniquement dans un cadre informel, entre personnes très proches. Il peut s’écrire en hiragana, en kanji ou en katakana — オレ étant souvent utilisé dans les mangas pour ajouter de l’emphase.
On observe souvent une transition chez les garçons : ils passent de boku à ore en grandissant. Certaines personnes utilisent aussi ore dans des phrases semi-formelles, mais cela peut vite paraître inapproprié.
Parce que ore est l’un des pronoms les plus répandus chez les hommes japonais, on pourrait penser qu’il faut l’adopter dès que l’on parle un peu japonais. Pourtant, mieux vaut éviter, sauf si votre japonais est très naturel et fluide. Même entre proches, boku et ore projettent des images différentes.
Ore peut donner une impression d’arrogance, d’agressivité ou de forte masculinité. Si vous l’associez à des structures trop polies ou formelles, le contraste sonnera étrange — comme mélanger de l’argot avec un discours officiel. Voici deux exemples pour comparer.
俺は知らねえな。
Ore wa shiraneena.
Comment veux-tu que je sache ?
Mélanger ore avec un langage formel sonne étrange. Si votre japonais n’est pas encore fluide, mieux vaut éviter ore, car il peut donner une impression arrogante.
6. Uchi : うち
Une autre façon de dire « je » en japonais est うち (uchi), souvent considérée comme l’équivalent féminin de おれ (ore).
À Tokyo, il est principalement utilisé par les jeunes filles. Dans la région du Kansai, うち est employé aussi bien par les jeunes femmes que par les femmes plus âgées. À l’écrit, il s’écrit généralement en kana.
On peut voir うち comme une version plus détendue et informelle que le plus rigide わたし (watashi). Beaucoup de filles — de l’école primaire jusqu’à l’université — en font leur pronom par défaut. D’ailleurs, c’est l’un des pronoms les plus utilisés par les écolières au Japon.
Cependant, prudence : comme 俺 (ore), うち peut paraître familier, voire argotique. Utilisé hors du bon contexte social, régional ou relationnel, il peut sembler déplacé ou étrange.
うちのせいだ。
Uchi no sei da.
C’est ma faute.
Comme うち signifie aussi « chez soi » ou « notre groupe », il peut inclure la famille ou l’entreprise :
うちの娘が迷惑をかけてすみません。
Je suis désolé que ma fille ait causé des problèmes.
7. Jibun : じぶん(自分)
Jibun signifie littéralement « soi-même ».
自分でケーキを作りました。
J’ai fait le gâteau moi-même.
Utilisé comme pronom, il donne une impression masculine, modeste et distante. On l’entend souvent dans les milieux sportifs ou militaires.
Dans le Kansai, il peut aussi signifier « toi », ce qui peut sembler brusque.
8. Ware : われ(我)
Ware (われ / 我) est une manière très formelle et quelque peu archaïque de dire « je » en japonais. On l’utilise בעיקר dans les discours officiels, les écrits formels ou dans des contextes philosophiques et littéraires, plutôt que dans la conversation quotidienne. Employer ware dans une situation informelle peut paraître rigide ou prétentieux.
La forme plurielle wareware (我々) signifie « nous » et est couramment utilisée lors de réunions, de discours ou dans des documents pour désigner un groupe de manière formelle.
9. Washi : わし(儂)
Washi (わし) est un pronom japonais à connotation masculine et souvent âgée. Il est principalement utilisé par des hommes plus âgés, notamment dans les zones rurales ou les contextes traditionnels.
En pratique, on l’entend surtout dans la région du Kansai chez les hommes âgés. Il est également fréquemment attribué aux personnages de vieil homme dans les jeux vidéo, les mangas ou les animes.
10. Utiliser son prénom comme pronom
Si vous avez grandi en parlant français, cela peut sembler étrange d’apprendre que beaucoup d’enfants dans les familles asiatiques utilisent leur propre prénom pour parler d’eux-mêmes — nous compris.
Au Japon, les enfants utilisent souvent leur prénom ou leur surnom, simplement parce que c’est ainsi que leurs parents les appellent. C’est la première identité à laquelle ils s’associent. En grandissant, ils adoptent généralement un pronom de première personne plus adapté comme boku, ore, watashi (ou atashi) ou uchi. Malgré cela, beaucoup continuent d’utiliser leur prénom lorsqu’ils sont en famille.
Pour les garçons, continuer à utiliser boku peut parfois donner une image un peu « fils à maman ». Pour les filles, utiliser son propre prénom (avec ou sans le suffixe ちゃん) peut paraître enfantin. Si vous aimez la culture kawaii, pourquoi pas — mais en dehors du cercle familial, cela peut sembler immature ou forcé, comme si vous cherchiez trop à paraître mignon·ne. Par exemple :
モエもほしい!
Moe mo hoshii!
« Moe (moi) en veut aussi ! »
Les adultes — surtout les femmes — qui utilisent leur propre prénom pour parler d’elles-mêmes sont parfois qualifiées de burikko (ぶりっ子), un terme d’argot japonais désignant une personne qui adopte un comportement exagérément mignon pour attirer l’attention, notamment celle des hommes.
11. Utiliser son rôle familial
Les parents peuvent se désigner par leur rôle :
お母さんは駐車してくるから、ちょっと待ってね。
Okaasan wa chuusha shitekureru kara, chotto matte ne.
Maman va se garer, attends un instant.
On peut aussi utiliser ママ ou パパ.
Il est également possible d’utiliser des termes comme お姉さん (grande sœur) pour rassurer un enfant inconnu :
お姉さんが手伝ってあげようか?
Oneesan ga tetsudatte ageyou ka.
Grande sœur (je) t’aide ?
12. Utiliser un titre professionnel
Si vous êtes un professionnel — enseignant, médecin, auteur ou même manager — vous pouvez utiliser votre titre comme pronom pour parler de vous au travail. Bien sûr, cela dépend du contexte.
Par exemple, si vous êtes professeur et qu’un élève vous demande de l’aide, vous pouvez vous désigner comme 先生 (sensei) au lieu d’utiliser un pronom comme watashi, boku ou ore.
Dans une salle de classe, les enseignants utilisent souvent 先生 pour parler d’eux-mêmes :
誰が先生を助けてくれる?
Dare ga sensei o tasukete kureru?
« Qui veut aider le professeur (moi) ? »
Attention toutefois à deux points :
- Si vous vous appelez sensei devant d’autres professeurs, cela peut paraître enfantin.
- En japonais, 先生 ne signifie pas seulement « professeur ». Le terme s’emploie aussi pour les médecins, auteurs, maîtres d’arts martiaux ou toute personne possédant une expertise particulière.
De la même manière, certains responsables utilisent leur titre pour parler d’eux-mêmes. Par exemple, un gérant de magasin peut dire 店長 (tenchou) en s’adressant à son personnel, surtout aux plus jeunes.
店長が明日休みだから、お店を頼むよ。
Tenchou ga ashita yasumi da kara, omise o tanomu yo.
« Le gérant (moi) sera en congé demain, je te confie donc le magasin. »
En résumé : comment dire je en japonais
Choisir le bon pronom pour dire « je » en japonais dépend du contexte, du niveau de politesse, du genre, de l’âge et de l’image que vous souhaitez projeter.
Maîtriser ces nuances vous aidera non seulement à améliorer votre grammaire japonaise, mais aussi à comprendre les subtilités culturelles qui rendent la langue japonaise si unique.
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FAQ
Quel est le pronom le plus sûr pour dire “je” en japonais ?
Le plus sûr est 私 (わたし / watashi). Il convient aux situations formelles, professionnelles et neutres. C’est le choix recommandé pour les débutants.
Quelle est la différence entre boku et ore ?
僕 (ぼく / boku) est plutôt utilisé par les garçons et les hommes dans un registre poli ou semi-formel.
俺 (おれ / ore) est plus familier, masculin et peut paraître brusque. Il s’utilise uniquement entre proches.
Les femmes peuvent-elles utiliser boku ou ore ?
Oui, mais cela dépend du contexte. Certaines femmes utilisent boku pour un style plus neutre ou moderne. En revanche, ore reste très masculin et peut surprendre.
Est-il obligatoire de dire “je” en japonais ?
Non. Le japonais omet souvent le pronom lorsque le sujet est évident. Par exemple :
和菓子が好きです signifie simplement “(Je) aime les wagashi”, sans mentionner watashi.
Peut-on utiliser son propre prénom pour dire “je” ?
Oui, surtout chez les enfants. Certains adultes (souvent des femmes) l’utilisent aussi, mais cela peut paraître enfantin ou affecté selon le contexte.
Qu’est-ce que uchi signifie ?
うち (uchi) est un pronom informel souvent utilisé par des femmes, notamment dans la région du Kansai. Il peut aussi signifier “chez nous” ou “notre groupe”.